Publié le
Lecture : 2 min
Médias contre IA : trois nouveaux procès et une vague d'accords en un mois
USA Today réclame 250 millions de dollars à OpenAI, des journaux canadiens attaquent Anthropic, pendant que Google rémunère déjà plus de 400 publications. Le point.

Les modèles d'IA ont appris en lisant des millions d'articles de presse. Les éditeurs veulent être payés pour ça, et en cette rentrée 2026 ils choisissent deux voies en même temps : le tribunal ou le contrat. Voici ce qui s'est passé entre septembre et octobre, d'après le suivi tenu par le magazine britannique Press Gazette.
Trois nouveaux procès
- 7 septembre : le Seattle Times et Newsday attaquent OpenAI et Microsoft. Ils les accusent d'avoir récupéré leurs articles, y compris payants, pour entraîner et alimenter leurs produits d'IA, et affirment que cette utilisation n'est pas couverte par l'exception de « fair use ».
- 9 octobre : USA Today Co poursuit OpenAI pour l'utilisation de « centaines de milliers d'articles » issus de ses 19 titres, et réclame 250 millions de dollars. La plainte affirme qu'un jeu de données utilisé pour l'entraînement contenait plus de 160 000 pages de ses journaux.
- 21 octobre : quatre grands éditeurs canadiens (Postmedia, Torstar, The Globe and Mail et The Canadian Press) attaquent Anthropic, accusé d'avoir utilisé leurs contenus pour développer Claude.
Dans un autre dossier, ouvert en 2025, un juge a autorisé en septembre la plus grande partie de la plainte de Reddit contre Anthropic à se poursuivre, sur le terrain du contrat et de la concurrence déloyale.
Et en même temps, des accords
- OpenAI a signé le 23 septembre avec les deux plus grands groupes de presse indiens, celui du Times of India et l'Indian Express. Selon le site spécialisé E4m, ces accords vaudraient environ 5 et 3 millions de dollars par an.
- OpenAI soutient aussi le groupe canadien Village Media (financement, crédits et aide technique) ; ses contenus seront cités dans ChatGPT.
- Google indique que plus de 400 publications participent à son programme pilote d'IA, dont CNN, le Financial Times, Axios et Forbes. Au Royaume-Uni et en Irlande, le groupe Reach y a engagé tous ses titres.
Pourquoi les deux en même temps ?
Pour les éditeurs, le procès sert de levier : il fixe un prix au contenu déjà utilisé sans autorisation, pendant que les accords fixent le prix pour l'avenir. Pour les entreprises d'IA, payer quelques grands groupes coûte moins cher qu'une défaite en justice qui ferait jurisprudence. La question de fond, savoir si l'entraînement d'un modèle sur des articles publics est légal sans accord, n'est toujours pas tranchée.
Ce que cela veut dire pour l'Afrique
Les accords actuels concernent surtout l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Inde. Les médias africains, dont les contenus nourrissent aussi ces modèles, n'apparaissent pas dans ces listes. C'est un enjeu de souveraineté : sans contenus africains de qualité, les IA connaissent mal nos langues et nos réalités, et sans accords, nos médias n'en tirent rien.
Pourquoi l'IA parle encore mal le wolofLireSource : Press Gazette, « Who's suing AI and who's signing » (mis à jour le 21 octobre 2026)
Questions fréquentes
Est-il illégal d'entraîner une IA sur des articles de presse ?
La question n'est pas tranchée. Les entreprises d'IA invoquent l'exception de « fair use » aux États-Unis ; les éditeurs la contestent. Les procès en cours devraient donner les premières réponses.
Combien les entreprises d'IA paient-elles les médias ?
Les montants sont rarement publiés. Pour les accords indiens d'OpenAI, le site E4m avance environ 5 et 3 millions de dollars par an ; USA Today réclame 250 millions de dollars en justice.


