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IA : six pays d'Afrique francophone, dont le Sénégal, partagent un cadre commun
Burkina Faso, Sénégal, Côte d'Ivoire, Mali, Guinée et Bénin ont des lignes directrices communes pour une IA éthique. Elles n'obligent à rien : tout dépend de leur application.

Six pays d'Afrique de l'Ouest francophone, le Burkina Faso, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali, la Guinée et le Bénin, disposent désormais d'un même texte de référence : des « Lignes directrices pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et responsable en Afrique francophone ». Un pas important, avec une limite que rappelle Alioune Bâ, spécialiste de l'éthique de l'IA, dans une tribune publiée par SenePlus : le texte « ne crée aucune obligation légale par lui-même ».
D'où vient ce texte
Le travail a été piloté par le ministère burkinabè de la Transition digitale, avec l'appui de Niyel, une agence de plaidoyer basée à Dakar, après un atelier régional à Ouagadougou fin octobre 2024. Il a été présenté le 6 juillet 2026 en marge du premier Dialogue mondial des Nations unies sur la gouvernance de l'IA, puis remis à l'ONU.
Sept principes
- Transparence et explicabilité des systèmes.
- Responsabilité de ceux qui les conçoivent et les déploient.
- Respect des droits fondamentaux.
- Inclusion et non-discrimination.
- Souveraineté numérique et gouvernance locale.
- Protection des données.
- Gouvernance partagée.
Des recommandations concrètes
Le texte demande aux États des autorités de régulation indépendantes, des audits réguliers des algorithmes publics, des clauses éthiques dans les marchés publics et des « bacs à sable réglementaires » pour tester des services sans risque. Côté éducation, il propose d'enseigner l'IA et l'éthique numérique dès le secondaire et de former enseignants, juristes, journalistes et agents publics. Il recommande aussi des fonds nationaux et régionaux dédiés à l'IA et des centres de données souverains.
Les obstacles
La tribune liste les freins : des lois différentes d'un pays à l'autre, peu de spécialistes, peu de données locales de qualité, une forte dépendance aux solutions étrangères et des autorités de protection des données aux moyens limités. Le Sénégal a pourtant de l'avance sur certains points : sa loi sur les données personnelles date de 2008, et son « New Deal Technologique » a été lancé en février 2025.
Le défi des données locales : l'exemple du wolofLireProchain rendez-vous : Lomé, du 5 au 7 novembre
Le réseau Afric'innov, qui rassemble des incubateurs et accélérateurs d'Afrique francophone depuis 2016, tient son sommet annuel à Lomé du 5 au 7 novembre 2026 sur le thème « L'accompagnement entrepreneurial à l'ère de l'intelligence artificielle ». Environ 200 participants venus de plus de vingt pays sont attendus, et un « Manifeste de Lomé » doit être adopté pour rendre les structures d'accompagnement africaines « lisibles, fiables et finançables ».
Source : Alioune Bâ, tribune, SenePlus (10 octobre 2026)
Source : Republic of Togo, « L'IA au cœur du sommet Afric'innov » (7 octobre 2026)
Questions fréquentes
Ces lignes directrices sont-elles obligatoires ?
Non. Elles servent de référence commune. Pour qu'elles s'appliquent, chaque pays doit les traduire dans un texte officiel : décret, loi ou plan national.
Quels pays sont concernés ?
Le Burkina Faso, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali, la Guinée et le Bénin. Les cadres du Togo, du Niger et du Cap-Vert ont été étudiés à titre de comparaison.


