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Les États-Unis ne disent plus « IA » mais « Super Intelligence » : ce que change vraiment le décret
Signé le 29 septembre, le décret 14434 impose aux administrations américaines le mot « Super Intelligence ». Presque rien ne change tout de suite, mais la suite peut compter.

Aux États-Unis, l'administration fédérale ne doit plus parler d'« intelligence artificielle ». Depuis le décret présidentiel 14434, intitulé « Inaugurating the Era of Super Intelligence » et signé le 29 septembre 2026, les ministères et agences doivent écrire « Super Intelligence » (SI) à la place d'« Artificial Intelligence » (AI). Un changement de mot spectaculaire, mais dont les effets immédiats sont faibles, selon les juristes qui l'ont analysé.
Ce que dit le décret
- Les administrations fédérales emploient « Super Intelligence » et « SI » dans leurs courriers, sites, rapports et documents de politique publique, « dans toute la mesure permise par la loi ».
- Pour l'instant, « Super Intelligence » a exactement la même définition que l'« intelligence artificielle » de la loi fédérale (15 U.S.C. § 9401(3)) : un système qui fait des prédictions, des recommandations ou prend des décisions pour des objectifs fixés par des humains.
- Le conseiller du président pour la science et la technologie doit proposer, dans les 60 jours, une définition légale de la « Super Intelligence » et les modifications de lois qui en découlent, soit avant fin novembre 2026.
Ce qui ne change pas
Aucune loi n'est modifiée. Les règlements, contrats, subventions et documents déjà publiés restent tels quels. Le cabinet d'avocats Arnold & Porter souligne que le décret « n'impose aucune obligation aux acteurs privés » et ne prévoit ni sanction ni contrôle. Pour le cabinet Wiley, il change « la terminologie fédérale, pas le périmètre des technologies couvertes par la loi » : les effets à court terme seront « procéduraux et administratifs plutôt que de fond ».
Pour la plupart des entreprises, le décret change très peu de choses dans l'immédiat. — Arnold & Porter
Le vrai enjeu : la future définition légale
Ce qui compte, c'est la proposition attendue fin novembre. Elle doit dire si la nouvelle définition remplace, élargit ou modifie celle de la loi actuelle. Seul le Congrès peut changer une définition inscrite dans la loi. Or de nombreux contrats publics, obligations de déclaration et programmes de subventions reposent sur la définition actuelle de l'IA : la modifier pourrait créer des incohérences. Wiley note aussi que le décret ne parle pas des lois des États américains sur l'IA, mais qu'une primauté de la loi fédérale sur ces lois pourrait faire partie du paquet présenté au président.
Un accord avec six géants le même jour
Le même jour, selon Arnold & Porter, le président et les dirigeants de six entreprises (Google, Anthropic, Meta, OpenAI, SpaceXAI et Nvidia) ont signé un « White House Accord on Super Intelligence ». Ces engagements sont volontaires et décrivent plusieurs niveaux de contrôles et d'audits pour les modèles les plus avancés. Le texte précise qu'il « pourrait être utile, avec le temps, de les inscrire dans des lois ou des règlements ». Le 8 octobre, le président est allé plus loin que le décret sur son réseau social, qualifiant d'« ennemi » quiconque continue de dire « intelligence artificielle », sans qu'aucune sanction n'y soit attachée.
Et pour nous ?
Pour un utilisateur à Dakar, Abidjan ou Paris, rien ne change dans les outils. Mais les grandes entreprises d'IA sont américaines : si leurs engagements volontaires deviennent un jour des règles, c'est l'ensemble de leurs produits, utilisés partout dans le monde, qui suivra. Le dossier à surveiller est donc la définition légale attendue fin novembre, bien plus que le changement de vocabulaire.
Et en Afrique francophone ? Six pays partagent un cadre communLireSource : Arnold & Porter, « What's in a Name? » (13 octobre 2026)
Source : Wiley, « Executive Order Rebrands AI as Super Intelligence » (2 octobre 2026)
Questions fréquentes
Le mot « intelligence artificielle » est-il interdit aux États-Unis ?
Non. Le décret ne vise que les administrations fédérales et leurs documents. Les entreprises, les médias et les citoyens ne sont soumis à aucune obligation.
La « Super Intelligence » désigne-t-elle une IA plus puissante ?
Pas pour l'instant : le décret reprend exactement la définition légale actuelle de l'IA. Une nouvelle définition doit être proposée d'ici fin novembre 2026, et seul le Congrès peut l'inscrire dans la loi.

